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La République démocratique du Congo (RDC) a repris vendredi ses exportations de cobalt après une suspension de dix mois, a annoncé le ministre des Finances Doudou Fwamba. Le moratoire, instauré en février et initialement prévu pour quatre mois avant d’être prolongé, visait à contenir la chute des prix due à une surabondance mondiale d’offre. Selon le ministre, la décision de relancer les expéditions répond à la nécessité de rétablir les revenus budgétaires amputés pendant la période d’arrêt.
Durant la suspension, les cours du cobalt sont passés de 22 000 dollars à environ 54 000–55 000 dollars la tonne, a indiqué Fwamba, estimant que cette évolution illustrait la « souveraineté nationale sur les matières premières ». Il a rappelé que le pays fournit près de 70 % de la production mondiale de cobalt, un métal crucial pour la fabrication de batteries électriques, et qu’il n’était pas acceptable, selon ses mots, que le premier producteur mondial reste sans influence sur la formation des prix.
D’après l’US Geological Survey, la RDC a produit 76 % du cobalt mondial en 2024, soit environ 220 000 tonnes. Les géants miniers Tenke Fungurume et Kisanfu, parmi les plus importants gisements de cobalt au monde, sont exploités dans la province du Katanga par le groupe chinois CMOC. Ces sites, situés dans une zone relativement stable du sud-est du pays, constituent le cœur de la capacité d’exportation congolaise.
Cette reprise d’activité intervient alors que Kinshasa cherche à renforcer sa position de puissance stratégique sur le marché des métaux critiques. Le gouvernement mise sur une meilleure valorisation de ses ressources pour compenser les pertes liées à la volatilité des matières premières et consolider les finances publiques.
Les observateurs estiment que la reprise des livraisons pourrait alléger la pression sur les marchés mondiaux tout en réaffirmant le poids de la RDC dans la chaîne mondiale d’approvisionnement des batteries. La question reste toutefois de savoir si le pays pourra transformer cet avantage géologique en levier durable de développement économique et budgétaire.


