

Quidah est une plateforme en ligne qui met en relation les investisseurs avec des opportunités sélectionnées et des analyses d’experts sur les marchés émergents d’Afrique, tout en offrant aux entreprises des services de promotion, de facilitation de partenariats et d’intelligence de marché pour attirer des capitaux et développer leurs activités.
L’Afrique subsaharienne devrait enregistrer la plus forte croissance économique régionale au monde en 2026, selon les dernières projections du Fonds monétaire international (FMI). L’institution prévoit une expansion de 4,4 % pour la région, contre une moyenne mondiale de 3,1 %, avec onze des quinze économies les plus dynamiques de la planète situées sur le continent africain. Cette performance confirme le déplacement progressif du centre de gravité de la croissance mondiale, malgré des fragilités structurelles persistantes.
Le Soudan du Sud arrive en tête avec une prévision de 22,4 % après la reprise des exportations de pétrole en avril 2025, consécutive à la remise en service de l’oléoduc interrompu par le conflit au Soudan voisin. La Guinée suit avec une croissance prévue de 10,5 %, soutenue par une hausse de 36 % de ses exportations de bauxite à 99,8 millions de tonnes au premier semestre 2025 et par la mise en production prochaine du méga-projet de minerai de fer Simandou. Le Soudan, en phase de reconstruction post-conflit, table sur 9,5 % de croissance grâce à la remise en état des infrastructures et du système financier.
L’Ouganda est attendu à 7,6 %, porté par les exportations d’or et de café, la reprise de la consommation, les dépenses publiques soutenues et la préparation de la production pétrolière prévue fin 2026. Le Rwanda devrait croître de 7,5 %, grâce à la diversification de son économie et à un secteur des services désormais équivalent à environ 44 % du PIB. L’Éthiopie affichera 7,1 % de croissance, stimulée par la production énergétique du barrage de la Renaissance, l’expansion minière et caféière, ainsi que par des réformes économiques incluant la restructuration de la dette et la création d’une bourse nationale.
Le Bénin et le Niger enregistreraient chacun 6,7 % de croissance. Le premier bénéficie d’investissements industriels et portuaires renforçant les échanges régionaux, tandis que le second mise sur la montée en puissance de sa production pétrolière et de ses programmes agricoles. La Côte d’Ivoire, avec 6,4 %, continue d’investir dans ses réseaux de transport et d’inclusion numérique tout en augmentant la transformation locale du cacao et la production pétrolière. La Zambie, à 6,4 %, vise une production d’un million de tonnes de cuivre en 2026, soutenue par l’agriculture, l’énergie, la technologie et le tourisme.
Malgré ces perspectives, le FMI et la Banque africaine de développement (BAD) avertissent que la soutenabilité de la croissance reste menacée par des déficits budgétaires, un endettement élevé et des institutions fragiles. La BAD estime à 108 milliards USD par an le déficit de financement des infrastructures nécessaires au développement continental, notamment dans les secteurs de l’énergie, des transports et du numérique. Le chômage des jeunes, les écarts de compétences et la volatilité des politiques publiques figurent également parmi les obstacles majeurs.
Cette dynamique s’appuie néanmoins sur des tendances structurelles favorables : urbanisation rapide, diffusion des technologies numériques et arrivée d’une génération active nombreuse. Avec une population appelée à passer de 1,4 milliard à 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, l’Afrique s’intègre davantage aux chaînes d’approvisionnement mondiales et attire des flux croissants d’investissement. Le défi des prochaines années sera de convertir cette croissance en gains durables de productivité et de niveau de vie, consolidant ainsi le rôle du continent dans l’économie mondiale.


