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Le Groupe d’action financière (GAFI) maintient, au début de 2026, huit pays africains sous surveillance renforcée en raison de déficiences persistantes dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette inscription sur la liste grise, intitulée officiellement « juridictions sous surveillance accrue », impose aux pays concernés une vigilance accrue de la part des banques et investisseurs internationaux, alourdissant les coûts de financement commercial et limitant l’afflux de nouveaux capitaux.
Les pays africains encore concernés par cette mesure sont l’Algérie, l’Angola, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, le Kenya, la Namibie et le Soudan du Sud. En Algérie, la prédominance des paiements en espèces, la faiblesse de la supervision et l’opacité des entreprises publiques entravent la traçabilité des flux financiers. En Angola, les risques de blanchiment liés aux recettes pétrolières et aux personnalités politiquement exposées persistent malgré plusieurs réformes institutionnelles. Le Cameroun continue de subir les effets d’une surveillance douanière insuffisante et de failles dans le contrôle des flux transfrontaliers, tandis que la Côte d’Ivoire est sanctionnée pour des manquements dans la supervision du financement du terrorisme, en raison de sa proximité avec les zones sahéliennes instables.
En Afrique centrale et australe, la République démocratique du Congo reste vulnérable aux flux financiers illicites alimentés par une économie minière dominée par le numéraire et un encadrement bancaire limité. Le Kenya, principal hub financier d’Afrique de l’Est, est contraint de renforcer le contrôle de ses plateformes de paiement mobile et des transferts transfrontaliers pour limiter les risques associés au financement de groupes armés. L’ajout de la Namibie, inattendu selon plusieurs observateurs, découle d’insuffisances dans la transparence sur les bénéficiaires effectifs et les flux liés à l’offshore. Le Soudan du Sud, enfin, demeure affaibli par des institutions fragiles et une dépendance opaque aux revenus pétroliers.
Cette surveillance accrue dépasse largement le secteur bancaire. Elle touche le commerce extérieur, le financement des États sur les marchés internationaux, les envois de fonds de la diaspora ainsi que l’aide publique au développement. Les exigences de conformité renforcées imposées par les correspondants bancaires et les bailleurs multilatéraux allongent les délais de transaction et renchérissent les coûts de financement pour des économies déjà sous pression.
La sortie de la liste grise nécessite la mise en œuvre démontrée de réformes structurelles et réglementaires. Tant qu’ils n’auront pas satisfait aux critères du GAFI, ces huit pays verront leur accès aux marchés financiers internationaux rester limité, au moment même où la montée des exigences de conformité mondiale accentue l’écart entre les économies africaines les mieux notées et celles encore perçues comme à risque.


