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La production solaire décentralisée s’affirme comme une solution majeure pour combler le déficit énergétique africain, alors que la croissance démographique dépasse le rythme d’extension des réseaux. Le modèle attire investisseurs privés et bailleurs de fonds, renforçant son rôle stratégique dans la transition énergétique du continent.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’Afrique subsaharienne concentre la majorité des 730 millions de personnes sans électricité dans le monde. La Banque africaine de développement estime que plus de 600 millions d’Africains restent privés d’un accès fiable à l’énergie. Pour pallier les insuffisances du réseau, les générateurs diesel assurent près de 9 % de la production régionale, pour un coût annuel en carburant et maintenance allant jusqu’à 50 milliards de dollars, selon la Banque mondiale.
Les systèmes solaires décentralisés apparaissent comme une alternative plus rapide et moins coûteuse. L’initiative conjointe « Mission 300 » de la Banque mondiale et de la BAD vise 300 millions de nouvelles connexions d’ici 2030. Entre 2020 et 2022, le solaire hors réseau a représenté 55 % des nouveaux raccordements en Afrique subsaharienne et alimenté 561 millions de personnes dans le monde en 2023, soutenu par les modèles de financement « pay-as-you-go » liés aux paiements mobiles.
Le rapport 2024 * Off-Grid Solar Market Trends Report* de la Banque mondiale observe des gains de productivité notables liés aux équipements solaires. Dans une enquête couvrant 31 pays, 86 % des utilisateurs de pompes solaires ont accru leurs rendements et 88 % des propriétaires de réfrigérateurs solaires les ont utilisés à des fins économiques. En 2023, plus de 3 millions de personnes exploitaient une activité grâce à un système solaire domestique.
Entre 2018 et 2024, des entreprises telles que Sun King et Bboxx ont accéléré leur déploiement. Sun King, qui alimente 30 % des foyers kényans, a bouclé en 2024 une titrisation de 156 millions de dollars avec un groupe de banques régionales, après une levée de 130 millions en 2023. L’acquisition de PEG par Bboxx en 2022 a porté sa clientèle à plus de 2,5 millions de personnes dans dix pays.
Le groupe télécoms Orange développe également ce segment via sa plateforme Orange Energies, qui comptait 4 millions d’utilisateurs dans 13 pays en 2024. L’entreprise déploie un système de comptage intelligent via l’ Orange Smart Energies et a obtenu un contrat de 150 000 euros en Côte d’Ivoire ainsi qu’un accord de 360 000 dollars avec la Banque mondiale et la [GIZ] pour électrifier 8 000 foyers au Libéria d’ici mi‑2025.
Malgré ces avancées, le secteur fait face à des contraintes financières et structurelles. L’électrification des zones isolées exige un investissement annuel estimé à 3,6 milliards de dollars jusqu’en 2030, dont 40 % sous forme de subventions ciblées. Seuls 22 % des ménages sans électricité dans le monde et 16 % en Afrique subsaharienne peuvent assumer les paiements mensuels « PAYGo ».
La dépréciation monétaire, l’inflation et les coûts logistiques pèsent sur les opérateurs. Au Nigeria, le prix des lampes solaires a augmenté jusqu’à 300 % en 2023, conséquence de la faiblesse du naira. La dépendance vis‑à‑vis des importations et l’absence d’assemblage local fiable accentuent la vulnérabilité des systèmes, tandis que les produits de faible qualité environ 70 % des ventes fragilisent la confiance des consommateurs.
Le développement du solaire hors réseau illustre la montée en puissance d’un modèle combinant innovation financière et investissement privé dans les infrastructures africaines. Toutefois, l’équilibre économique du secteur dépendra de financements concessionnels, de la maîtrise du risque de change et d’un renforcement des chaînes locales d’approvisionnement.


