La 28e conférence de l’African Securities Exchanges Association (ASEA) à Kigali met en garde contre la vulnérabilité de l’Afrique due à ses marchés de capitaux fragmentés, exposés aux pressions démographiques, à la disruption numérique, aux risques climatiques et à la baisse de l’aide au développement.
Le ministre rwandais des Finances, Yusuf Murangwa, a indiqué que les prêts bancaires représentent plus de 70% du financement des entreprises africaines, seuls 14 bourses dépassant 10% de capitalisation boursière par rapport au PIB, contre près de 100% en moyenne mondiale. Le président de l’ASEA et PDG de la Bourse de Rwanda, Pierre Celestin Rwabukumba, a présenté le projet African Exchanges Linkage Project (AELP), soutenu par Afreximbank, pour mutualiser la liquidité et développer le trading transfrontalier. L’ancien président de la BAD, Donald Kaberuka, a évoqué 3 000 à 4 000 milliards de dollars d’épargne domestique immobilisés dans des actifs court terme, appelant à approfondir les marchés actions face à la croissance démographique, la concurrence numérique, les risques géopolitiques, l’instabilité monétaire, les chocs climatiques et la réduction de l’aide. Il a plaidé pour une éducation publique positionnant les bourses comme outils de création de richesse.
Les marchés actions peu profonds limitent le financement des entreprises et accentuent la sensibilité aux chocs externes. L’intégration via l’AELP vise à réduire les coûts et compenser la baisse d’aide, le modèle rwandais du Kigali International Financial Centre illustrant l’attraction de capitaux par une gouvernance solide.