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Les tensions récurrentes sur la dette en Afrique ne racontent pas seulement une histoire d’échec, mais aussi celle d’un ajustement inachevé. C’est le constat qui ressort de l’entretien de Business Africa avec Zeine Zeidane, récemment nommé directeur du département Afrique du FMI, alors que les gouvernements du continent font à nouveau face à une montée des pressions d’endettement.
M. Zeidane estime que de nombreuses économies africaines ont réalisé de véritables progrès, même si les difficultés liées à la dette réapparaissent sans cesse. Il cite les chocs répétés depuis 2000 , notamment la pandémie, les conflits et la hausse des taux d’intérêt mondiaux comme des facteurs majeurs ayant fragilisé les finances publiques et compliqué la gestion de la dette.
En même temps, dit-il, les pays africains ont amélioré leurs cadres de politique économique et réduit, dans plusieurs cas, les vulnérabilités liées à la dette. À ses yeux, le continent n’est pas enfermé dans une spirale permanente d’endettement, mais plutôt dans un cycle régulièrement perturbé par des chocs extérieurs et des réformes incomplètes.
Le problème central reste que les besoins de développement de l’Afrique sont élevés alors que le financement demeure coûteux. Les gouvernements doivent financer les infrastructures, l’énergie et les investissements climatiques, tout en étant invités à emprunter plus prudemment et à préserver la soutenabilité de la dette. Cette tension est aujourd’hui l’un des grands défis de politique économique du continent.
Les propos de M. Zeidane soulignent aussi une réalité plus large : l’endettement dépend autant des conditions mondiales que des choix nationaux. Selon lui, les pays doivent renforcer la politique budgétaire et les réformes structurelles, mais la communauté internationale doit aussi proposer des financements moins coûteux si l’Afrique veut répondre à ses besoins de développement sans stress permanent de refinancement.
Le sujet dépasse d’ailleurs le niveau des États. Au Nigeria, de plus en plus d’entreprises se tournent vers les stablecoins pour gérer l’inflation et les paiements transfrontaliers, preuve que les acteurs privés cherchent eux aussi des solutions lorsque les canaux financiers classiques sont trop coûteux ou trop lents.
En Afrique du Sud, les micro-vignerons racontent une autre version de cette adaptation. En exploitant de petites parcelles urbaines et en contournant les circuits de distribution traditionnels, ils montrent que l’identité locale et des modèles d’affaires agiles peuvent ouvrir des marchés longtemps réservés aux acteurs bien capitalisés.
Pris ensemble, ces exemples suggèrent une évolution continentale plus large. L’Afrique ne cherche pas seulement à sortir de la dette, mais aussi à bâtir un financement plus résilient, des modèles économiques plus souples et des chaînes de valeur davantage ancrées localement.


