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L’Éthiopie a conclu un accord préliminaire avec des créanciers obligataires clés pour restructurer son emprunt international en défaut de paiement de 1 milliard de dollars, a indiqué lundi le ministère des Finances. Cet accord rapproche le pays d’une résolution d’une crise de dette de longue durée qui a mis à l’épreuve le Cadre commun du G20.
Selon la proposition, l’Éthiopie émettra une obligation de 880 millions de dollars, remboursable par tranches jusqu’en 2029 au taux de 6,15%. L’accord prévoit également le paiement de 99,4 millions de dollars d’intérêts impayés ainsi que d’une commission d’adhésion.
L’un des éléments centraux de l’accord est un « New Money Warrant » qui donne aux créanciers obligataires la possibilité de souscrire à une future obligation éthiopienne pouvant aller jusqu’à 1 milliard de dollars, à un taux indexé sur le marché. L’Éthiopie peut toutefois choisir de régler ce warrant en numéraire, dans la limite de 90 millions de dollars.
Samir Gadio, de Standard Chartered, a déclaré que le warrant avait permis de combler l’écart entre les deux parties. Selon lui, cette structure devrait satisfaire les différents camps et pourrait même rendre les créanciers légèrement mieux lotis si l’Éthiopie exerce son option de rachat.
Le Fonds monétaire international a déclaré accueillir favorablement l’accord, estimant que sa structure est conforme aux objectifs macroéconomiques et de soutenabilité de la dette du pays. L’Éthiopie a également indiqué que les coprésidents de son comité des créanciers officiels, la Chine et la France, n’avaient formulé aucune objection, même si une approbation plus large reste nécessaire.
Cet accord vient clore un processus de restructuration difficile, amorcé lorsque l’Éthiopie a signalé en 2021 son intention de demander un allègement de dette dans le cadre du Cadre commun, avant de faire défaut en 2023. Les négociations avec les créanciers commerciaux ont été plus difficiles qu’avec les créanciers officiels, et un accord conclu en janvier 2026 a ensuite échoué.
L’affaire a mis en lumière des tensions au sein du cadre du G20, notamment sur le principe de comparabilité de traitement. Les créanciers obligataires ont estimé que l’amélioration des perspectives éthiopiennes ne justifiait pas les pertes exigées, tandis que le ministère des Finances a jugé que les créanciers et le FMI auraient dû engager plus tôt le dialogue avec les obligataires.
L’Éthiopie prévoit désormais de mettre en œuvre l’accord par une offre d’échange dans les prochains mois, une fois les derniers aspects non financiers réglés et l’approbation du comité élargi des créanciers officiels obtenue. L’obligation a progressé de plus de 3 cents après l’annonce de l’accord de principe.


