

Quidah est une plateforme en ligne qui met en relation les investisseurs avec des opportunités sélectionnées et des analyses d’experts sur les marchés émergents d’Afrique, tout en offrant aux entreprises des services de promotion, de facilitation de partenariats et d’intelligence de marché pour attirer des capitaux et développer leurs activités.
La forte demande des banques, des fonds, des caisses de retraite et des investisseurs particuliers a permis d’augmenter la taille des opérations, tandis que les taux plus bas observés après la pandémie ont relancé des projets qui avaient été reportés, comme certaines acquisitions et expansions. Dans ce contexte, les emprunteurs testent davantage les limites du financement bancaire classique et se tournent vers des prêts syndiqués, dont les volumes ont doublé en vingt ans dans l’OCDE.
Le recours aux obligations exige toutefois une infrastructure plus lourde. Il faut des programmes d’émission bien structurés, des arrangeurs, un cadre juridique solide, des gardiens, des agents de paiement, ainsi qu’une base d’investisseurs capable d’absorber les titres, sans oublier les exigences de cotation et de divulgation.
En Afrique, le marché obligataire des entreprises reste encore modeste, avec environ 38 milliards de dollars en circulation en 2024, contre 52 milliards en 2010. Cela représente à peine 0,1% du marché mondial, loin des 2,5% du PIB observés dans l’OCDE, ce qui montre que le continent a encore une marge importante pour développer des prêts plus souples et mieux adaptés aux besoins des entreprises.
La réglementation n’est donc pas le principal frein. Les vrais enjeux sont l’échelle, le savoir-faire et la flexibilité du marché, car les investisseurs ont besoin d’instruments suffisamment clairs et liquides pour accepter davantage de risque. Quand ces éléments sont réunis, les entreprises peuvent accéder à des financements plus longs et mieux calibrés que les prêts bancaires traditionnels.
Le financement mixte joue un rôle important dans cette évolution. Il combine des obligations à coût plus faible, des prêts et des mécanismes de couverture du risque, ce qui permet d’attirer des capitaux privés vers des projets jugés plus risqués. En 2024, l’Afrique représentait environ 40% des transactions de blended finance au niveau mondial, soit près d’un tiers des volumes suivis par Convergence, ce qui montre que la formule prend de l’ampleur.
L’exemple d’EABL en 2021 a été important parce qu’il a rouvert le marché obligataire corporatif kenyan après cinq ans d’inactivité. Cela a prouvé qu’une bonne exécution et un prix crédible pouvaient remettre le marché en mouvement, même dans un environnement prudent. Pour beaucoup de marchés africains, le problème n’est donc pas l’absence d’intérêt, mais le manque de profondeur et de mécanismes bien rodés pour convertir l’épargne en investissement productif.
Les marchés les plus superficiels, en dehors de l’Afrique du Sud, continuent de limiter cette transformation. Tant que l’épargne ne circule pas facilement vers les entreprises, la croissance dépend trop du crédit bancaire et de financements plus court terme. L’enjeu central devient alors l’innovation dans les produits, l’amélioration de l’exécution et la création d’une profondeur de marché capable de soutenir l’investissement à grande échelle.


