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Les grands responsables financiers réunis cette semaine à Washington ont eu le sentiment croissant que le système international peine à gérer une nouvelle vague de chocs géopolitiques. Les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale ont été dominées par l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement, tandis que les responsables ont également dû affronter une préoccupation plus profonde : compter sur le leadership américain pour résoudre les crises n’est plus aussi fiable qu’auparavant.
L’ambiance a changé à plusieurs reprises, entre l’espoir que l’Iran rouvre le détroit d’Ormuz et permette de nouveau la circulation du pétrole, du gaz, des engrais et d’autres matières premières, puis la déception provoquée par de nouvelles attaques contre le transport maritime. Cette incertitude a nourri une prise de conscience plus large : les décisions les plus importantes pour l’économie mondiale se prennent de plus en plus en dehors des salles de réunion de Washington.
Le FMI et la Banque mondiale ont promis jusqu’à 150 milliards de dollars de nouveaux financements pour aider les pays en développement les plus touchés par le choc énergétique, tout en avertissant les gouvernements de ne pas thésauriser le pétrole ni de s’appuyer sur des subventions aux carburants coûteuses et mal ciblées. Malgré cela, les responsables ont reconnu que leur marge de manœuvre restait limitée, d’autant que les perspectives mondiales se dégradaient et que le FMI estimait que sa propre prévision de croissance pouvait rapidement être dépassée par un scénario plus défavorable.
Le ministre saoudien des Finances, Mohammed Al-Jadaan, a résumé cette prudence en déclarant qu’il ne se sentirait pas à l’aise pour annoncer une amélioration tant que les tankers ne circuleraient pas librement dans le détroit, avec une baisse à la fois des coûts d’assurance et des prix physiques de l’énergie. Les dernières Perspectives de l’économie mondiale du FMI indiquent qu’une guerre prolongée pourrait encore plonger l’économie mondiale en récession.
Les réunions ont aussi montré à quel point les chocs répétés modifient les réflexes des décideurs. Après la pandémie, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les perturbations tarifaires de l’an dernier, les responsables financiers se concentrent davantage sur la résilience, les liens commerciaux régionaux et la diversification énergétique, plutôt que sur l’attente qu’une seule puissance rétablisse la stabilité. L’appel du secrétaire américain au Trésor Scott Bessent à une action coordonnée sur l’accès aux engrais a rappelé que les répercussions dépassent désormais le pétrole, les agriculteurs commençant déjà à subir la pression alors que les semis de printemps démarrent dans l’hémisphère Nord.


