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Safaricom Ethiopia, deuxième opérateur télécom du pays, a annoncé une forte révision à la hausse de ses tarifs internet mobiles, sa première depuis le lancement commercial de ses services il y a trois ans. Effective depuis le 23 décembre 2025, la mesure s’applique à l’ensemble de ses forfaits quotidiens, hebdomadaires et mensuels, dans un contexte de coûts opérationnels et financiers croissants.
Le groupe a relevé les prix de 20 à 82% tout en réduisant, dans plusieurs cas, le volume de données offert. Le forfait hebdomadaire de 10 Go, auparavant vendu 250 birrs, ne fournit plus que 5,5 Go, doublant le coût effectif par gigaoctet. Les forfaits journaliers ont augmenté de 50 à 67%, tandis que l’offre populaire de 150 Mo a été réduite à 100 Mo, sans changement de prix à 5 birrs. Le forfait hebdomadaire à 100 birrs est passé de 3 Go à 2 Go, et les abonnements illimités ont crû de 20 à 25%. Les plans trimestriels et semestriels affichent désormais une hausse de 21%, atteignant respectivement 4 250 et 8 500 birrs.
Dans un communiqué publié jeudi, la société a justifié cette révision par la dépréciation continue du birr, la hausse du coût des équipements importés et les contraintes d’approvisionnement internationales. « Cet ajustement s’impose pour assurer la fiabilité et la qualité de notre service à nos 12 millions de clients », a indiqué Safaricom. Son directeur général, Wim Vanhelleputte, avait déjà averti mi-2025 que les services de données étaient facturés en dessous de leur coût réel, soulignant que les prix en Éthiopie demeuraient environ trois fois inférieurs à la moyenne africaine, ce qui compromettait la rentabilité des nouveaux entrants.
Safaricom Ethiopia a fait son entrée sur le marché en 2022 après avoir obtenu sa licence en 2021, mettant fin au monopole public d’Ethio Telecom. L’opérateur a depuis investi plus de 300 milliards de birrs (environ 2,5 milliards de dollars) pour déployer plus de 3 000 stations mobiles couvrant la moitié de la population éthiopienne. Le groupe estime avoir besoin de 500 milliards de dollars supplémentaires sur trois ans pour poursuivre son expansion, un objectif qu’il juge difficile à atteindre sans ajustement tarifaire, compte tenu de la pénurie de devises et de la montée des coûts importés.
Ces hausses ont suscité un vif mécontentement parmi les utilisateurs, nombreux à dénoncer une dégradation de l’accessibilité dans un contexte d’inflation persistante. « Ce n’est pas un ajustement, c’est une augmentation drastique », a déclaré un abonné cité par Capital, estimant que la connectivité deviendrait désormais hors de portée pour les étudiants et les petits entrepreneurs. Des analystes préviennent que cette mesure pourrait ralentir la progression rapide de Safaricom, qui a conquis 12 millions de clients en moins de trois ans grâce à une politique tarifaire agressive.
Malgré ces critiques, la filiale reste solidement soutenue par ses investisseurs internationaux. En septembre, Standard Bank lui a accordé un financement de 138 millions de dollars destiné au développement d’infrastructures. Safaricom Ethiopia est détenue à 55,7% par Safaricom Plc (Kenya), à 27,2% par Sumitomo Corporation (Japon), à 10,9% par British International Investment (Royaume-Uni), à 6,2% par Vodacom Group (Afrique du Sud), et en partie par la Société financière internationale (IFC, Banque mondiale).
Ces partenaires, combinant appui financier et expertise technique, soutiennent la poursuite de la numérisation éthiopienne. Mais l’opérateur devra désormais concilier impératifs de rentabilité et maintien d’une offre abordable sur un marché particulièrement sensible aux prix.


