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Le Burkina Faso a suspendu l’exportation de tout le bétail jusqu’à nouvel ordre afin de stimuler les ventes de viande et de garder davantage d’animaux sur le marché intérieur. La mesure a été bien accueillie par les consommateurs qui espèrent une baisse des prix, mais elle a porté un coup dur aux commerçants qui dépendent des ventes transfrontalières.
Le commerçant de bétail Moussa Sangaré a indiqué que les exportations vers la Côte d’Ivoire et le Ghana ont cessé cette année, affectant fortement son activité. Il a expliqué que des animaux achetés dans la brousse à 100.000 francs CFA sont désormais revendus autour de 50.000 francs CFA à cause de l’interdiction.
Un autre commerçant, Abassé Kabré, a déclaré que ses moutons Djallonké sont très prisés au Ghana et que la suspension a durement touché ses revenus. Il a dit comprendre la décision du gouvernement, tout en espérant qu’elle sera levée après la fête de Tabaski afin que les ventes à l’étranger reprennent.
L’objectif à long terme du gouvernement est de passer de l’exportation d’animaux vivants à celle de viande transformée. Les autorités veulent créer davantage de valeur localement tout en renforçant l’approvisionnement des consommateurs nationaux, alors que les prix de la viande ont récemment oscillé entre 3.000 et 5.000 francs CFA le kilo.
À Ouagadougou, les consommateurs ont accueilli favorablement la mesure, estimant qu’elle pourrait faire baisser le prix de la viande. La politique pourrait apporter un soulagement temporaire aux ménages, tout en causant des pertes immédiates aux commerçants et en réduisant les flux de bétail transfrontaliers.
En 2024, les bovins, moutons et chèvres se sont classés au troisième rang des exportations du Burkina Faso, derrière l’or et le coton, générant environ 11,8 milliards de francs CFA de revenus. Cela montre l’importance du commerce du bétail et explique pourquoi l’interdiction est devenue à la fois un enjeu économique et un sujet d’approvisionnement alimentaire.


