Djibouti vote vendredi pour élire son président, et le sortant Ismael Omar Guelleh devrait prolonger un règne de 27 ans après que le Parlement a supprimé les limites d’âge qui l’auraient empêché de se représenter. Ce petit pays, mais stratégiquement important, se trouve à l’entrée de la mer Rouge et accueille des bases militaires américaines, chinoises, françaises, italiennes et japonaises.
La situation géographique de Djibouti et sa stabilité relative lui ont permis d’attirer des investissements étrangers et de s’imposer comme une porte d’entrée vers l’Éthiopie enclavée. Sous Guelleh, le gouvernement a massivement investi dans les infrastructures portuaires, faisant du pays un hub logistique clé dans la Corne de l’Afrique.
Guelleh n’affronte qu’un seul adversaire, Mohamed Farah Samatar, du petit parti Unified Democratic Centre, et a remporté cinq élections précédentes, dont une victoire écrasante en 2021. L’opposition dénonce depuis longtemps un terrain politique inégal, deux grands partis ayant boycotté les scrutins depuis 2016 en raison de l’absence d’impartialité.
Le gouvernement affirme avoir préservé la stabilité dans une région instable, tandis que des organisations de défense des droits accusent les autorités de réprimer les opposants, les militants et les journalistes. Ce scrutin porte donc moins sur l’incertitude du vainqueur que sur la manière dont la continuité politique de Djibouti soutient son rôle de plateforme stratégique pour les affaires et la sécurité.