

Quidah est une plateforme en ligne qui met en relation les investisseurs avec des opportunités sélectionnées et des analyses d’experts sur les marchés émergents d’Afrique, tout en offrant aux entreprises des services de promotion, de facilitation de partenariats et d’intelligence de marché pour attirer des capitaux et développer leurs activités.
La pénétration d’internet en Afrique atteignait seulement 38% début 2024, soit bien en deçà de la moyenne mondiale de 68%. Cet écart persistant limite l’accès aux services numériques essentiels et freine la participation économique. Les coûts élevés des données, l’infrastructure irrégulière et les perturbations politiques continuent de définir le paysage de la connectivité, influençant à la fois les résultats du développement et l’attractivité des investissements.
L’Afrique demeure l’une des régions les moins connectées au monde, avec plus de 700 millions de personnes encore hors ligne. Malgré une croissance rapide du haut débit mobile, l’accessibilité financière reste une barrière majeure. Les prix moyens des données mobiles représentent 4,2% du revenu mensuel, soit plus du double du seuil d’accessibilité de 2% fixé par l’ONU, tandis que le haut débit fixe peut dépasser 15% des revenus des ménages. Le haut débit mobile domine l’accès, mais environ 14% de la population reste déconnectée, en particulier dans les zones rurales où le déploiement de l’infrastructure est lent et coûteux.
Les projets d’envergure tels que les câbles sous-marins 2Africa et Equiano, ainsi que l’expansion des réseaux 4G et 5G dans les marchés comme l’Afrique du Sud, le Kenya et l’Égypte, visent à accroître la capacité et à améliorer la couverture. Cependant, les défis de gouvernance impactent fortement la fiabilité des réseaux et le sentiment des investisseurs. En 2024 seulement, 21 coupures d’internet imposées par l’État ont été enregistrées dans 15 pays, avec le Soudan et l’Éthiopie responsables d’interruptions prolongées. Ces actions ont entraîné des pertes économiques, une confiance réduite des entreprises et un risque opérationnel accru.
Des pays comme Maurice et le Rwanda illustrent les avantages d’une politique numérique coordonnée, d’un investissement ciblé et d’une régulation stable, conduisant à une pénétration plus forte du haut débit et à des marchés de données plus compétitifs. En revanche, l’écosystème numérique nigérian continue de faire face à des retards de déploiement, à des déficits d’infrastructures et à des incertitudes réglementaires malgré sa large base de consommateurs.
Les nouvelles politiques de souveraineté numérique, notamment les exigences de localisation des données au Kenya et au Ghana, visent à stimuler l’innovation locale et à protéger les données nationales. Toutefois, elles risquent aussi de fragmenter le marché numérique et d’augmenter les coûts de conformité pour les opérateurs multinationaux et les investisseurs. Ces facteurs, combinés aux contraintes d’accessibilité, à l’instabilité politique et à la régulation inconsistante, contribuent à un environnement d’investissement prudent.
La trajectoire du développement numérique en Afrique révèle une double réalité : des progrès technologiques significatifs assortis d’obstacles politiques et économiques persistants. Si les améliorations infrastructurelles peuvent débloquer la croissance dans la fintech, le commerce électronique, les services cloud et l’éducation numérique, les bénéfices resteront inégaux sans réformes favorisant un accès ouvert, une accessibilité financière et une gouvernance stable. Une meilleure littératie numérique et des écosystèmes d’innovation renforcés seront également essentiels pour la croissance durable du secteur.


