La Banque mondiale a abaissé ses prévisions de croissance pour l’Afrique subsaharienne en 2026 à 4,1%, estimant que les retombées de la guerre avec l’Iran ralentissaient la reprise de la région. L’institution a indiqué que cette estimation reste inchangée par rapport à 2025, mais inférieure aux 4,4% prévus en octobre.
La banque a expliqué que la guerre au Moyen-Orient avait fait grimper les coûts du carburant et des engrais et menacé les flux d’investissement, alors que les niveaux élevés d’endettement pesaient déjà sur la croissance. Elle a ajouté qu’un cessez-le-feu de deux semaines entre Washington et Téhéran n’avait pas supprimé le risque d’une pression prolongée sur les prix du carburant.
Andrew Dabalen, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique, a déclaré que l’environnement extérieur s’était nettement dégradé depuis la fin de l’année dernière. Selon lui, la hausse des prix de l’énergie et des engrais, ainsi que l’incertitude sur l’ampleur et la durée du choc, compliquaient davantage la perspective.
Dabalen a ajouté que les gouvernements africains disposaient de peu de marge de manœuvre, car les coûts du service de la dette ont doublé, passant de 9% des recettes en 2017 à environ 18% en 2025. Il a indiqué qu’environ la moitié des pays africains étaient soit à haut risque de surendettement, soit déjà en situation de surendettement, ce qui limite l’espace budgétaire disponible pour répondre à la crise.
Les pays importateurs de pétrole et les économies financièrement vulnérables, notamment le Burundi, le Malawi, l’Éthiopie, le Kenya et le Mozambique, devraient être les plus touchés. La Banque mondiale a aussi averti que les investissements du Golfe, les transferts de fonds et l’approvisionnement en engrais pourraient être sous pression si le conflit se prolonge.