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La République démocratique du Congo a mis en place une réserve stratégique pour le cobalt et d’autres minerais critiques, a indiqué jeudi le régulateur national du secteur minier, renforçant ainsi sa capacité à stocker les quotas d’exportation non utilisés et à exercer un contrôle accru sur l’offre mondiale. En vertu d’un décret adopté par le conseil des ministres le 10 avril, la gestion de cette réserve a été confiée au régulateur des marchés ARECOMS, désormais autorisé à acquérir, détenir et commercialiser des minerais stratégiques.
Cette décision donne au Congo un outil supplémentaire pour gérer une matière première essentielle aux batteries des véhicules électriques et dont le pays reste le premier producteur mondial. Le Congo a représenté environ 70% de l’offre mondiale de cobalt l’an dernier, mais il cherche à contrer la chute des prix provoquée par la surabondance après avoir d’abord imposé l’an dernier un embargo de plusieurs mois sur les exportations, puis remplacé cette mesure par un régime de quotas en octobre.
La réserve sera alimentée en partie par les quotas d’exportation que les mineurs n’utilisent pas à temps. Le Congo a expédié environ 48.800 tonnes métriques de cobalt au premier trimestre de cette année, contre environ 123.000 tonnes sur la même période l’an dernier, lorsque les exportations avaient été avancées avant le gel de quatre mois. Dans le cadre du régime de quotas, l’État a réservé 10% des volumes nationaux d’exportation de cobalt pour un usage stratégique, soit 9.600 tonnes en 2026.
En mars, le Congo a également averti les mineurs que tout volume de quota non exporté dans les délais serait transféré au quota stratégique de l’État. Les entreprises qui n’auraient pas exporté leurs quotas attribués pour le quatrième trimestre 2025 avant le 30 avril et ceux du premier trimestre 2026 avant fin juin les perdraient au profit de la réserve, a précisé le régulateur. La réserve stratégique annoncée jeudi servira d’outil à l’État pour gérer ces volumes de quotas.
Cette politique renforce aussi le levier de l’État sur un marché local dominé par de grands producteurs comme le chinois CMOC et Glencore, ainsi qu’Eurasian Resources Group, Huayou et Sicomines, contrôlée par des intérêts chinois. ARECOMS a déclaré que la réserve offrirait à l’État un moyen ciblé d’intervenir sur les marchés du cobalt afin de maintenir l’équilibre du marché international tout en renforçant sa souveraineté économique.


