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Le cabinet de conseil Africa Practice estime que les nouveaux droits de douane instaurés par les États-Unis, la montée en puissance des investissements miniers du Golfe et la persistance des tensions sur la dette publique compteront parmi les principaux facteurs structurant les marchés africains en 2026. L’analyse souligne que l’élection de 2024 ayant reconduit Donald Trump à la Maison Blanche a ravivé une approche protectionniste affectant directement plusieurs économies africaines dépendantes du commerce extérieur.
Les mesures tarifaires annoncées en avril 2025 ciblent les pays bénéficiaires de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), notamment le Lesotho, où des droits pouvant atteindre 50% menacent jusqu’à 35 000 emplois dans le textile et 15% du produit intérieur brut. Pékin a répliqué par l’extension de l’accès en franchise de droits pour 53 partenaires africains afin de consolider son influence commerciale. Parallèlement, les monarchies du Golfe renforcent leur présence sur le continent : les Émirats arabes unis ont acquis une participation majoritaire dans la mine d’étain Bisie d’Alphamin en République démocratique du Congo, tandis que l’Arabie saoudite et le Qatar ont annoncé respectivement des engagements de 10 et 21 milliards de dollars dans le pays, et jusqu’à 70 milliards à l’échelle régionale.
L’année 2025 a également vu plusieurs rendez-vous diplomatiques majeurs, dont le sommet des BRICS à Rio — avec la participation des présidents Cyril Ramaphosa, Ahmed Tinubu et Mostafa Madbouly — et le G20 de Johannesburg, marqué par des promesses de financement pour les énergies renouvelables et la réduction de la dette, en l’absence remarquée des États-Unis. Lors de ce sommet, un rapport du G20 africain a souligné que le service de la dette dépasse désormais les dépenses sociales pour plus de 650 millions d’Africains. La Conférence climat COP30 à Belém a lancé un « Tropical Forest Facility » de 5,5 milliards de dollars, visant 25 milliards à terme, tandis que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne, effectif en janvier 2026, fait peser de nouvelles contraintes sur les exportations sud-africaines d’acier et d’aluminium.
Les risques politiques et budgétaires demeurent élevés, selon Africa Practice. Le Ghana, la Zambie et le Sénégal illustrent les difficultés persistantes des restructurations de dette, ce dernier faisant face à 8 milliards de dollars de dette cachée, un déficit budgétaire de 14% et un endettement public atteignant 130% du PIB. Des élections sous tension en Ouganda et en Éthiopie, les coups d’État au Sahel et les conflits au Soudan et en RDC, ayant causé plus de 150 000 morts au Soudan, accentuent l’incertitude régionale.
Malgré ces vulnérabilités, plusieurs axes de croissance se dessinent. Les investissements du Golfe dans les minéraux critiques pour la transition énergétique, la mise en œuvre du programme Global Gateway européen de 4,7 milliards d’euros — incluant l’hydrogène vert et les métaux du groupe du platine en Afrique du Sud —, ainsi que le lancement prévu de l’Agence africaine de notation de crédit, soutiennent des perspectives structurellement positives. Le développement des projets de gaz naturel liquéfié et de crédits carbone au Sénégal et au Gabon illustre également une diversification progressive des économies africaines face aux chocs extérieurs.


