L’accord du Ghana sur son prêt de 750 millions de dollars auprès d’Afreximbank a reçu le soutien des créanciers officiels, a indiqué une source à Reuters, ce qui ouvre la voie à une sortie plus ordonnée du défaut de paiement du pays.
Une source au fait de la position du Club de Paris a déclaré que l’accord avec Afreximbank était « bienvenu » du point de vue du groupe, après que des créanciers ont fait savoir que ce prêt devait être restructuré pour obtenir leur approbation. Le Ghana a annoncé l’accord le jour de Noël mais n’a publié aucun détail sur ses termes, et n’a pas commenté dans l’immédiat la position du Club de Paris.
Cette étape lève le dernier obstacle majeur de la restructuration ghanéenne, mais elle jette une ombre sur la qualité de crédit d’Afreximbank et sur sa revendication d’un statut de créancier privilégié censé la protéger contre des pertes. Afreximbank a renvoyé Reuters à un commentaire précédent indiquant que les « questions » autour du prêt avaient été résolues à la satisfaction des deux parties, sans préciser si la banque avait subi des pertes.
Pour que le Club de Paris accueille favorablement l’accord, il doit respecter les paramètres de « comparabilité de traitement », ce qui peut passer par une décote du principal, un allongement de maturité, une baisse du taux d’intérêt, ou une combinaison de ces mesures. Le marché surveille en particulier le risque que des concessions entraînent un abaissement de notation, susceptible d’augmenter le coût de financement d’Afreximbank.
Le dossier s’inscrit aussi dans le débat sur les « baby multilatérales », des créanciers considérant que certains prêts d’Afreximbank et de la Trade and Development Bank (TDB) sont de nature commerciale et doivent donc être restructurés. Dans ce contexte, Afreximbank a annoncé vendredi la fin de sa relation avec Fitch après un différend lié à la notation et aux inquiétudes sur un affaiblissement éventuel du statut de créancier privilégié.
JPMorgan a revu à la baisse son opinion sur les obligations d’Afreximbank, craignant une dégradation supplémentaire si la banque devait enregistrer une perte sur le prêt au Ghana, tandis que Moody’s a indiqué que d’éventuelles pertes seraient en partie atténuées par des provisions déjà constituées.