Les perspectives d’investissement restent globalement favorables en Afrique, soutenues par la dynamique démographique, les minerais critiques et des réserves de capitaux sous-utilisées, mais le coût du financement et l’instabilité politique continuent de peser sur l’appétit des investisseurs.
Selon African Business, une analyse de One Data indique que l’endettement des États africains sur les marchés de capitaux coûte environ cinq fois plus qu’un financement comparable de la Banque mondiale, ce qui aurait ajouté près de 56 milliards de dollars de surcoûts sur la dette de marché levée durant les cinq années précédant 2021.
Le papier souligne que les marchés intègrent de plus en plus les risques politiques à long terme, et observe que les obligations de maturité longue peuvent reculer davantage lors des épisodes d’instabilité, les investisseurs réévaluant les incertitudes de gouvernance et de sécurité.
L’article lie également le coût du capital à l’enjeu de l’emploi, alors que l’Afrique subsaharienne devrait fournir une part majeure des nouveaux entrants sur le marché du travail mondial d’ici 2030, ce qui renforce l’importance d’un financement moins cher, d’une énergie fiable et d’un cadre réglementaire plus prévisible pour soutenir la croissance des entreprises.
Sur les minerais, le texte avance que le cobalt peut constituer un levier stratégique, rappelant que la RDC représente plus de 70% de la production mondiale et a instauré un régime de quotas prévoyant des exportations de 96 600 tonnes par an en 2026 et 2027, tandis que l’exploitation illicite liée aux conflits peut réduire les recettes publiques et compliquer les réformes.
Enfin, African Business cite une estimation de l’Africa Finance Corporation évaluant à environ 4 000 milliards de dollars les capitaux domestiques disponibles (fonds de pension, fonds souverains, banques) et une étude du PERI (Université du Massachusetts Amherst) estimant la fuite de capitaux à 2 700 milliards de dollars sur 30 pays entre 1970 et 2022, plaidant pour des données plus complètes et standardisées afin de réduire les coûts d’emprunt.