L’Éthiopie a annoncé qu’elle allait renégocier la restructuration de son obligation internationale d’1 milliard de dollars, après des critiques de créanciers officiels, dont la Chine et la France, sur un projet d’accord conclu avec un groupe d’investisseurs.
Le ministère des Finances a indiqué que le Comité des créanciers officiels (OCC), par l’intermédiaire de ses coprésidents, a informé Addis-Abeba que le projet ne respectait pas pleinement le principe de « comparabilité de traitement ».
Dans le cadre commun du G20, la comparabilité impose au pays débiteur de rechercher auprès des autres créanciers bilatéraux officiels et des créanciers privés un traitement au moins aussi favorable que celui convenu avec l’OCC.
Début janvier, l’Éthiopie avait annoncé un accord préliminaire sur les principaux paramètres financiers avec un groupe représentant les détenteurs de son unique euro-obligation, tout en précisant qu’une validation par les créanciers officiels était nécessaire avant toute mise en œuvre.
Selon les termes présentés le 2 janvier, l’obligation aurait été échangée contre un nouveau titre de 850 millions de dollars arrivant à échéance à la mi-2029, avec une réduction de 15% du principal, et un instrument de récupération de valeur indexé sur la valeur des exportations éthiopiennes.
Dans une lettre partagée par les autorités, les créanciers officiels ont qualifié la proposition d’« effort de restructuration très faible » de la part des porteurs d’obligations et ont averti que les instruments contingents peuvent compliquer l’évaluation de la comparabilité et créer des charges très divergentes entre groupes de créanciers.
L’Éthiopie a indiqué qu’elle reprendrait les discussions avec le comité ad hoc des porteurs d’obligations, qui représente selon elle des investisseurs américains et européens détenant plus de 45% de l’euro-obligation 2024, et a réaffirmé sa volonté de négocier de manière constructive et de bonne foi.